Laser pour chat : dangereux ou pas, et comment bien l'utiliser
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Le pointeur laser divise. Pour les uns, c'est le jouet idéal : le chat court, bondit, se dépense sans que vous quittiez le canapé. Pour les autres, c'est une cruauté qui rend les chats fous. Ni l'un ni l'autre n'est exact. Le laser comporte deux risques bien identifiés, et tous les deux s'écartent avec quelques règles.
Premier risque : les yeux
Les lasers sont classés selon leur dangerosité. En France, la vente au grand public d'appareils à laser d'une classe supérieure à 2 est interdite, hors usages professionnels autorisés. La classe 2 correspond à des lasers visibles de faible puissance, inférieure à 1 mW, considérés sans danger pour une exposition brève et accidentelle grâce au réflexe de clignement.
Le point lumineux au sol n'est pas le problème : le chat le regarde, il ne regarde pas le faisceau. Le danger, c'est le faisceau dirigé vers un œil. D'où trois règles sans exception :
- Jamais vers le visage, ni du chat, ni d'une personne. Ce qui est vrai pour vous l'est pour lui.
- Jamais sur un miroir, une vitre ou une surface brillante : le reflet renvoie le faisceau dans une direction que vous ne contrôlez plus.
- Pas entre les mains d'un jeune enfant, qui pointera fatalement vers un visage à un moment ou un autre.
Vérifiez aussi le marquage. La classe doit être indiquée sur l'appareil ou son emballage. Un pointeur sans marquage, ou marqué d'une classe supérieure à 2, ne doit pas servir de jouet. Des contrôles ont régulièrement trouvé des pointeurs vendus en ligne plus puissants que ce qu'ils annonçaient : un appareil à trois euros sans aucune mention est le plus mauvais pari possible.
Second risque : la frustration
C'est le reproche le plus sérieux fait au laser, et il est fondé. Un chat qui joue rejoue une chasse : repérer, traquer, bondir, attraper. Le laser déclenche parfaitement les trois premiers temps, et jamais le quatrième. Il n'y a rien sous la patte.
La plupart des chats passent à autre chose. Certains, en revanche, restent bloqués sur la proie qui a disparu. Les signes sont reconnaissables :
- après la partie, le chat continue de fixer le mur ou le sol là où le point s'est éteint ;
- il se met à poursuivre les reflets d'une montre ou d'un téléphone, les taches de soleil, les ombres ;
- il s'agite ou miaule dès que vous prenez l'objet qui sert de laser.
Si vous observez cela, arrêtez le laser et passez à une canne à plumes ou à un jouet qu'il peut attraper. Ce n'est pas grave, mais ça ne s'arrange pas en continuant.
La règle qui règle presque tout : finir sur une vraie proie
Faites courir le point quelques minutes, puis amenez-le sur un jouet réel posé au sol, et éteignez-le au moment où le chat bondit. Il attrape le jouet, le mordille, le garde. La séquence de chasse est complète.
N'importe quelle petite proie fait l'affaire : une souris, ou un poisson qui gigote au toucher (30 cm, herbe à chat incluse), qui a l'avantage de « réagir » quand le chat l'attrape. Si c'est l'heure, enchaînez avec le repas : chasser, attraper, manger, puis se laver et dormir, c'est l'ordre naturel, et c'est ce qui fait redescendre le chat. La structure d'une bonne séance est détaillée dans jouer avec son chat : combien de temps, et avec quoi.
Bien piloter le point
Une proie ne fonce pas sur son prédateur et ne zigzague pas sans arrêt. Elle s'éloigne, s'immobilise, se cache derrière un pied de chaise, repart par saccades. Imitez cela, avec des pauses longues : c'est pendant les arrêts que le chat se prépare à bondir, et c'est là qu'il prend le plus de plaisir.
Gardez le point au sol ou en bas des murs. Évitez les escaliers, les plans de travail et les virages contre un meuble : un chat lancé à pleine vitesse ne regarde pas où il atterrit. Cinq à dix minutes suffisent.
Manuel ou automatique
Le laser manuel est le meilleur choix, parce que c'est vous qui décidez de la fin de la partie. Le laser « Patte » tient dans la main (10 × 4,5 × 1,5 cm, 50 g). Le pointeur 2-en-1 sert aussi de lampe de poche (11,7 × 1,5 cm).
Le laser automatique pose une difficulté qu'il faut connaître : il ne peut pas finir sur une proie. Notre laser automatique s'allume toutes les trois heures pendant quinze minutes, avec cinq largeurs de cercle réglables selon la pièce, sur piles ou câble USB (8 × 8 × 18 cm). Il occupe bien un chat seul en journée, à trois conditions :
- laisser des jouets réels autour de la zone de jeu, pour que le chat ait quelque chose à attraper quand le cycle s'arrête ;
- observer les premières séances vous-même, pour vérifier que votre chat ne fait pas partie de ceux que le laser frustre ;
- ne pas en faire la seule stimulation de la journée : une vraie séance de jeu avec vous, le soir, reste indispensable.
L'ensemble des modèles est dans la collection lasers, et d'autres jouets autonomes, qui eux se laissent attraper, dans jouets interactifs.
Les chats pour qui le laser n'est pas une bonne idée
Un chat déjà anxieux, ou qui présente des comportements répétitifs (léchage excessif, poursuite de sa queue), gagne à jouer avec des proies tangibles. Un chat âgé ou arthrosique supporte mal les sprints et les virages brusques que le laser provoque : pour lui, des jouets lents au sol conviennent mieux, voir chat âgé : adapter la maison.
Et si votre chat s'ennuie au quotidien, le laser n'est qu'une partie de la réponse : le reste est dans chat d'intérieur qui s'ennuie.
À retenir
- Classe 2 maximum, marquage visible. Pas de pointeur sans indication.
- Jamais vers un visage, jamais sur une surface réfléchissante, pas entre les mains d'un jeune enfant.
- Toujours finir en amenant le point sur un jouet réel que le chat peut attraper.
- Un chat qui fixe les murs ou chasse les reflets après la partie : on arrête le laser.
- L'automatique occupe en journée, mais ne remplace pas une séance de jeu avec vous.